Les élus CFE CGC du CSE de l’UES LA MONDIALE sont consultés sur le projet…
Intervention de notre élu CSE La Mondiale lors du CA du GIE La Mondiale Groupe
Mesdames, Messieurs, les membres du Conseil d’Administration
Je souhaite porter aujourd’hui à votre attention une situation qui concerne l’ensemble des salariés, et qui me semble justifier mon intervention.
Aujourd’hui, les collaborateurs du réseau commercial prennent intégralement à leur charge leurs déplacements professionnels, sans aucun remboursement de l’entreprise. Cette situation n’a rien de nouveau en soi, mais son équilibre économique a profondément changé : le prix du carburant a fortement augmenté ces derniers mois, et ce qui représentait une charge modérée jusqu’à présent, est devenu, pour beaucoup de collaborateurs, une dépense significative, directement liée à l’exercice de notre métier.
Concrètement, cela signifie que des collaborateurs paient aujourd’hui pour aller travailler. Ce n’est pas une formule : c’est un fait budgétaire, mesurable, qui pèse chaque mois sur le pouvoir d’achat de personnes dont le métier même est de se déplacer pour représenter et développer et maintenir le portefeuille client de l’entreprise.
Jusqu’alors, ces déplacements avaient un coût réel, mais soutenable, et cohérent avec les conditions économiques de l’époque. L’engagement mutuel s’inscrivait dans cet équilibre-là. Aujourd’hui, cet équilibre est rompu : les charges ont augmenté unilatéralement, sans qu’aucune contrepartie n’ait été ajustée de notre côté. Ce déséquilibre n’est pas de notre fait, et il n’est pas non plus, à mon sens, acceptable qu’il reste durablement à notre charge.
Je sais que la position de la direction a été, jusqu’à présent, de considérer qu’il ne lui appartenait pas de se substituer aux pouvoirs publics face à une hausse des prix qui relève d’un contexte mondial, hors de son contrôle. Je comprends cet argument, mais je souhaite le nuancer sur deux points :
- D’une part, le fait que la cause soit externe et mondiale ne change rien à la conséquence interne : ce sont bien nos collaborateurs qui absorbent seuls cet impact, dans l’exercice quotidien de leurs fonctions.
- D’autre part, il ne s’agit pas de demander à l’entreprise de « faire à la place du gouvernement », mais simplement d’assumer un coût qui est directement lié à l’exécution du travail demandé. Ce n’est pas une aide sociale ou conjoncturelle : c’est un frais professionnel, engagé pour le compte de l’entreprise.
Ne rien faire a un coût pour l’entreprise elle-même : perte d’attractivité du réseau commercial, risque de démotivation, tentation pour certains collaborateurs de limiter leurs déplacements ou de chercher ailleurs des conditions plus équilibrées. Ce n’est dans l’intérêt de personne, y compris de la direction.
Je ne viens pas ici avec une posture de confrontation, mais avec une demande simple : que la direction générale accepte d’ouvrir sans attendre une discussion concrète sur une prise en charge, même progressive ou plafonnée d’une indemnité carburant, ou de toute autre solution que la direction jugerait pertinente et ce sans vouloir gagner du temps en espérant que la situation revienne à la normale. Cela fait 6 mois que les collaborateurs subissent cette augmentation en espérant un geste de la direction.
Nous ne demandons pas la lune : nous demandons que le travail effectué pour l’entreprise ne coûte plus de l’argent à ceux qui l’effectuent.
Je vous remercie de votre écoute, et je reste à votre disposition pour échanger sur des pistes concrètes.